— Parle, J'écoute.

Est-il illusoire de penser pouvoir s’épanouir grâce au travail ?

Je sors d’une lecture « cruelle » mais très intéressante sur le fond : Bonjour Paresse : De la nécessité d’en faire le moins en entreprise de Corinne Maier.

Ce livre traduit le désenchantement global des cadres, et d’un système économique qui favorise de plus en plus l’individualisme et le désengamenent face au travail.

Il est à la fois dérangeant et déroutant : Tous les clichés et négativités du monde du travail sont balayés : le « semblant » d’importance du cadre (moyen), le management stérile des managers, le « charabia »  qui se développe autour de la culture d’entreprise et de la langue d’entreprise  (Franglais, notions techniques incompréhensibles etc.)

La fatigue de jouer le rôle imposé par nos managers et notre entreprise nous améne perpétuellement à ce questionnement de la nécessité du travail dans notre vie, à la remise en question de ce sytème, et surtout au possibilités qui s’offrent à nous pour s’enfuir.

Alors ce livre ?

De mon point de vue, Corinne Maier a su dire certaines vérités qui restent et resteront toujours tabou en entreprise ; D’ailleurs cela ne lui aura pas qu’apporté le succès (licenciement d’EDF, « grogne » de certains patrons et syndicats !)

Cependant, je trouve l’ouvrage beaucoup trop réfractaire (révolutionnaire), à la limite même du pamphlet.

Peux être suis-je trop habitué à être caressé dans le sens du poil, et rendre l’appareil inconsciemment au système (comme un bon citoyen, que je suis ?)…

C. Maier n’esquisse jamais un début de solution si ce n’est la paresse l’indivudualisme, développer une certaine inéfficacité professionnelle.

Si vous n’avez rien à gagner en travaillant, vous n’avez pas grand-chose à perdre en ne fichant rien. Choisissez les postes les plus inutiles : conseil, expertise, recherche, études. Et ne sortez jamais dans le couloir sans un dossier sous le bras.

Peut-être vaut mieux t-il démissionner et aller tenter de vivre ses rêves plutôt que de « casser sa croûte » à ne  rien faire au fin fond d’un bureau… ou seule une mort professionnelle (et sociale ?) lente et coûteuse nous attend !

Et pourquoi ne pas essayer de s’épanouir grâce au travail… Réaliste ?

    Tout en ayant conscience de tout ce jeu de rôle (entre entreprise, managers, cadres et employés) qui est la base de notre système économique, est-il possible d’inverser cette tendance réaliste pleine de pessimisme ?

    N’existerait-il pas un compromis sincère entre objectifs d’entreprise et son employé (ambition et épanouissement personnelles, estime de soi) ?

    La barrière entre Épanouissement et Travail est-elle baissée une fois pour toute ?

    Ne peut-on pas faire en sorte que le travail devienne aussi l’un des vecteurs de notre propre développement personnel ?

    Le travail ne peut-il être considéré autrement qu’une source de revenu contre dépense de sueur pleine de travail ?

Pour ma part étant jeune actif dans un an ou deux, j’ai vraiment pour l’instant soif de la découverte de cet esprit d’entreprise qui cause tant de remous.

J’éprouve ce besoin de mettre mes qualités professionnelles en vue d’un objectif ou au service d’un projet.

Le désenchantement viendra peut-être après, mais pour l’instant sans pour autant passer pour le plus « corporate » des hommes, paresse ne rime pas avec le profil de jeune actif que j’espère être.

En ouverture, j’ai envie d’ajouter à ma question initale qu’on ne peut négliger l’intégration sociale d’un individu qui joue un rôle trop important sur les attentes qu’il a de la société, ses perspectives et sa vision du système économique et de la vie profesionnelle.

Rappelons-nous que le travail ne représente pas un même objectif pour tous :

-       Pour les uns, il peut être vecteur d’ascension social

-       Pour d’autres, la seule nécessité de gagner un revenu ou encore de se sentir « important » dans la réalisation de quelque chose (un tout ou partie d’une entreprise)

Et que pour certains, travailler à un poste qu’il s’imagine comme une récompense justement méritée peut être une forme d’épanouissement en soi…

2 comments
  1. [...] This post was mentioned on Twitter by Henry Potter, Henry Potter. Henry Potter said: Est-il illusoire de penser pouvoir s’épanouir grâce au travail ? – http://b2l.me/vjtqe (via @ParleJecoute) [...]

  2. Alain Paul says: 21 mai 201018 h 16 min

    Pour que le travail soit source d’épanouissement, il faut déjà effectuer une tâche qui favorise un plaisir de travailler. Etre heureux d’être là et fier de réussir ce dont les dirigeants de l’entreprise demande.

    Ensuite, il faut éviter de rentrer dans les petites magouilles de l’entreprise, que ce soit les jalousies des collègues, les pressions des « petits » chefs, les manipulations du patron. Il faut être un caméléon. À sa place partout et à l’aise. Si les autres sont petits, se mettre à leur niveau car ils ne pourront jamais être au vôtre.

    Le travail s’est bien mais il y a le reste qui le complète cet épanouissement. Les activités extérieures : le sport, les engagements associatifs, vouloir contribuer à faire évoluer la société par exemple…

    Faire un blog, c’est un bon remède et ça coûte moins cher que le médecin.

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